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[In english] Why you should use Zapier!

When we talk about digital, there is an endless list of softwares to use, for each of our tasks: updating our website, amplifying our social networks, meeting online, SEO, our own productivity, etc. So we hear a lot about automation, and plugging software. We already know for example that on Linkedin, each time we post something, we can automatically tweet it also. That’s great, right? That’s 20 sec. saved. What if we could do that with any software we use?
That‘s the goal of websites like Zapier: to connect software we use on a daily basis, and to automate these tasks. I heard about it on a recent course about Technologies, by Julien Grossiord.
Of course, different websites can do that, and I could have done a full comparison between each of them, but I personally use Zapier since then, and I will explain to you why.

  1. The goal of automation is to use it, not to talk about it.

I’ll tell you about one software only because the main goal is to get started, fast. If we want to save time and automate tasks, the good way seems to begin using it. After some tests, if it does not fit, you can still look for another software, you will already know a bit about the subject.

  1. An API, without coding?

Zapier uses the principle of API (Application Programming Interface), but without the need to code. It’s a user-oriented website, where you only choose, drag, drop. That’s cool.

  1. The first automations are free.

A good way to get started.

  1. A huge range of softwares and apps are available

Zapier can do automation on 500+ apps and softwares, among the most famous: Gmail, Facebook, Twitter, Dropbox, Salesforce, etc.

zapier-apps

So what can I do with Zapier? (examples)

You first have to choose a category of apps to automate: social, project management, e-commerce, invoicing, file management, personal, etc.
As there is a huge list of softwares available, we can easily be lost, and not knowing where to begin. So I will give you examples, in some different categories.

About Personal

  • Beginner example: Each time I receive an email with the word “invoice” in the subject line, I save the invoice attached automatically on my Dropbox account, for archive purpose.
  • Advanced example: you can create a task list (on Notes, Evernote, Trello, etc.) from Gmail labels. Ex: each time I receive email from La Poste, it adds a task on my “Saturday morning things to do” list on Trello.

About CMS

  • Beginner example : you can automatically post new WordPress posts on Facebook
  • Advanced: you can make WordPress post from a Google document or a Evernote note.

About E-commerce

  • Beginner example: each time I have a new customer on my website, his email is added to my Sugar-CRM (or Mailchimp mailing list)
  • Advanced example: you can create a public helpdesk (like Zen desk) from a simple Google form entry

How can I find tasks I can automate in my life?

The secret recipe seems to say this sentence:

“Each time I do this, I want it to do that”.

Each time you can say this sentence about one of your tasks, it means that you want to automate something. And you will save time by doing it.

“each time”: that means you need to automate

“I do this”: this defines the 1st app to connect

“To do that”: this defines the 2nd app

Look for the tasks you do without thinking, only because “you have to do it”. You will find a good way to start.

Quel futur pour les apps?

Un article rapide, suite à une présentation inspirante d’Alexandre Jubien.

Quel sera le futur mode de consommation majoritaire sur mobile ?
Le web mobile et les apps se partagent actuellement le gâteau.
On pensait les apps gagnantes, grâce à leur modèle économique éprouvé.
On disait le web mobile gagnant, universel et poussé largement par Google.
Au final, les 2 modes continuent à se développer pour le moment, tandis que d’autres voies émergent.

Si l’on s’en tient à l’enjeu principal -l’expérience utilisateur-, peu importe le combat technologique apps vs web mobile, l’enjeu est de satisfaire le mobinaute. Pour cela des « apps invisibles » émergent.
Leurs objectifs ? Répondre à la demande, résoudre les problèmes.
Leurs caractéristiques ? Pas d’IHM, pas de download, pas de tutoriel, pas de technicité apparente. Juste du service.

Nous rentrons dans une ère véritablement conversationnelle, et hormis pour les créateurs de ces services, peu importe la technicité. SMS, mails, chat, voix, de nombreux moyens d’interactions directs et simples existent déjà. Ces services invisibles en profitent.

Exemple ? Le service de conciergerie Clac des doigts, qui permet de demander des petits coups de main simplement, par SMS. Livraison de fleurs, réservations, pressing, tout se passe simplement, sans défi technique niveau utilisateur.

entrez

Idem dans la santé, des consultations de médecins (aux USA), de psychiatres (en France) se font via des services de messaging.

L’interaction directe permet une proximité, et une personnalisation poussée. Nous n’avons pas à comprendre comment le système fonctionne, il semble être fait pour nous. Sans IHM, mais pas dénué d’UX.

La multiplication des services de messaging (Facebook messenger, WhatsApp, etc) et le développement des assistants digitaux (« ok Google », Siri, Cortana) ne feront que renforcer l’attrait vers ces apps invisibles et les transformeront en services redoutables.

9 conseils de Xavier Niel vers les entrepreneurs… et les salariés.

Xavier Niel était en conférence à Bordeaux il y a quelques jours, dans le cadre du Conseil des Entrepreneurs de Bordeaux. Comme 1600 personnes, j’avais fait le déplacement pour voir cette « Rockstar » de l’entrepreneuriat partager son point de vue.
J’y allais sans apriori, simplement « pour voir », et j’avoue, j’ai vu. Et j’ai été séduit. J’y ai vu un homme simple et éclairé, partager ses idées. Ses idées d’entrepreneur évidemment, mais la portée du discours allait bien au delà : ça a parlé d’envie, de bonheur, de devoir, et même de politique (au sens étymologique du terme).

Sélection de quelques thématiques abordées :

  • 1/ Gérer la complexité
    « Si on regarde l’accumulation de complexités, on ne fait rien »
    Évidemment, mettre un projet sur pied amène son lot de complexités. Mais il faut garder en tête l’objectif tout au bout. Travailler le cap, et ne pas se focaliser sur les problématiques court-termistes. Et même ne pas s’en soucier si vous préférez. X.Niel prenait le cas des formalités administratives type documents CERFA, réputés pour être complexes : « Si cela vous bloque, ne les remplissez pas. A un moment, on vous enverra bien des rappels, vous réagirez à ce moment là.« 

 

  • 2/ L’envie de son métier
    « Mon métier, c’est entrepreneur, et j’en suis tellement heureux tous les matins ».
    J’y ai appris que X.Niel n’est pas DG d’Illiad, mais directeur de la stratégie. Il crée les produits, et adore cela (parmi d’autres choses). Il laisse volontiers la place de DG (« pour éviter de signer des papiers toute la journée« ).

 

  • 3/ Le manque d’études
    X.Niel a arrêté ses études juste après le bac. Il ne tire aucune gloire d’avoir réussi sans bagages, et perçoit aujourd’hui « ce manque de culture ». Néanmoins, selon lui il est « + dur de sortir du moule que de construire son propre moule« . Je me demande à quel point sa vision unique des choses vient de cette « absence » d’études ‘professionalisantes’.

 

  • 4/ Les hommes au centre
    Les hommes sont au centre de l’entreprise. Les engager au développement de l’entreprise dès son démarrage est une des clés. Les salariés sont alors « intéressés », motivés, ce sont des relais vivants de l’entreprise. « et ils éteignent la lumière le soir en partant« , car l’entreprise est « un peu à eux« .

 

  • 5/ Balayer les fausses excuses
    X.Niel a balayé une palanquée d’excuses toutes faites, des plaintes récurrentes que l’on a l’habitude d’entendre à tous les étages. Ce sont pour lui de fausses excuses. Exemples :
    « Je n’ai pas fait de grandes écoles, je ne peux pas monter mon entreprise » >> Les hautes écoles comme Polytechnique ont le plus bas taux de créateurs d’entreprises. Les écoles de commerce standards ont par exemple des taux beaucoup + élevés.
    « je ne trouve pas d’argent pour mon projet » >> il y a des investisseurs dans le monde entier, et pas assez de projets justement. La question mérite peut-être d’être posée différemment : « votre produit est-il bon? »
    « Le recrutement et le licenciement sont + durs en France » >> le licenciement a exactement le même coût en France qu’aux USA, selon lui. Oui le droit français est complexe, mais cela ne peut pas être une excuse.
    « On est trop taxés en France » >> « Gagnez de l’argent d’abord », et on en reparle 🙂

 

  • 6/ Au moment de créer le produit
    Le moment de la création d’un nouveau produit est intense et particulier. Un de ses moments préférés. Il faut pour cette étape une micro-équipe, une « cellule de combat ». Le marketing, la finance, tous les services supports ne doivent intervenir qu’après la création proprement dite. Sinon le projet implose (ou se standardise).
    Il rappelait qu’au moment de la création de l’Iphone, l’équipe en charge du projet chez Apple était composée de moins de 15 personnes.

 

  • 7/ Etre disruptif
    Il y a 3 moyens d’initier le changement. 3 seulement : baisser drastiquement les prix, créer un nouveau produit, ou augmenter drastiquement la qualité. Rien d’autre.

 

  • 8/ Le conseil « Game changing »
    Il faut « avoir à un instant donné des succès visibles« . Même minimes. Car ce sont ces succès qui vont en appeler d’autres. Ils vont « donner envie ».

 

  • 9/ Enfin, quelques phrases que je garde en tête :

« Amenez-moi des gens qui ne croient plus en la jeunesse de ce pays, on leur fait visiter l’école 42, et on les retourne ».
(il a beaucoup mentionné le fonctionnement de l’école 42, très intéressant, j’y reviendrai)

« l’immigration est une chance »
Cette phrase se fait particulièrement rare.

« Créer son job est la meilleure garantie d’en avoir 1 »

« Tous les accidents de parcours sont une chance dans la vie, car on voit les choses différemment ».

 

Dont acte.

 

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Photo d’article par Simon Barthélémy

 

 

Le jour où j’ai rencontré Elon Musk, par Tim Urban

Voici mon adaptation française de l’excellent / marrant / enrichissant article du blog US WaitbutWhy, racontant la rencontre de son auteur avec Elon Musk, l’entrepreneur visionnaire (et multi-milliardaire).
Traduction travaillée (mais pas parfaite) par mes soins.
Enjoy!

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Le mois dernier, j’ai reçu un coup de fil un peu spécial.

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Elon Musk, pour ceux qui ne le connaitraient pas, est le mec le + tip-top du monde.

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Je vais centrer cet article sur comment il est devenu un « self-made billionaire », ainsi que la source d’inspiration de Iron Man (Tony Starck), mais pour le moment, je vais laisser Richard Branson résumer cela :

Emportant derrière lui tous les sceptiques qui disaient que cela n’est pas possible, Elon est arrivé, et y est arrivé. Vous vous souvenez pendant les années 90, quand nous appelions des inconnus au téléphone, et qu’on leur donnait nos numéros de carte de crédit ? Elon a imaginé un petit truc appelé Paypal. Ses entreprises Tesla Motors et SolarCity sont en train de transformer l’énergie propre et recyclable en réalité. Son entreprise Space X ré-ouvre les possibilités de conquête spatiale…C’est un paradoxe que Elon soit en train de travailler à améliorer la planète, et qu’au même moment il construise des vaisseaux pour nous aider à en partir.

Alors non, je ne m’attendais pas à ce coup de fil.

Quelques jours + tard, j’étais en pyjama dans mon appartement, à faire les 100 pas, et au téléphone avec Elon Musk. Nous avons discuté de Tesla, de SpaceX, de l’industrie automobile, d’aérospatiale, de photovoltaïque, et il m’a expliqué ce qui selon lui bloquait les gens à propos de chacun de ces sujets. S’il s’agissait de thèmes qui m’intéressaient, et que je souhaitais écrire dessus, je pouvais venir en Californie et avoir un entretien en face à face avec lui.

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Pour moi, cela a été l’un des plus grands non-sujets de l’histoire. Pas uniquement parce que c’est Elon Musk (Elon Musk !), mais parce que j’ai dans ma todo des « futurs articles à sortir » du site depuis bien longtemps ces 2 sujets :

  • « Électrique/hybride/essence, Tesla, les énergies durables »
  • « Space X, Musk, conquête de mars ?? Comment apprendre à construire des fusées ? »

Je voulais déjà écrire sur ces thématiques, pour la même raison pour laquelle j’ai écrit sur l’intelligence artificielle : je sais qu’il s’agit de sujets majeurs pour l’avenir, et en même temps je ne les comprends pas totalement. Et Musk mène actuellement une révolution dans ces 2 domaines.

C’est comme si vous aviez prévu d’écrire sur le thème « Comment lancer des éclairs », et qu’un jour, Zeus vous appelait et vous proposait de le rencontrer pour en parler.

Donc c’était parti ! Le deal était que je vienne en Californie, voir les usines Tesla et SpaceX, rencontrer les ingénieurs de chaque entreprise, et parler + longuement avec Musk. Classe !
En premier lieu, j’ai paniqué. Réellement. Je ne pouvais pas m’assoir avec ces gens – des ingénieurs de renommé mondiale – et ne rien savoir sur rien. J’avais pas mal de choses à apprendre avant ça.

Le problème avec ce putain d’Elon Musk néanmoins, c’est qu’il est présent dans toutes ces industries :

  • Automobile
  • Aérospatial
  • Stockage énergétique
  • Énergie solaire
  • Satellites
  • Transports à grande vitesse
  • Et, heu..la conquête d’autres planètes.

Zeus aurait été moins stressant au final.

J’ai donc passé 2 semaines à lire, lire, et lire encore, et il est devenu clair assez rapidement que tout cela allait nécessiter plusieurs articles. Il y a vraiment beaucoup de choses à dire.

On se plongera réellement dans les industries de Musk dans les prochains articles, mais pour aujourd’hui, commençons par comprendre exactement qui est ce type, et pourquoi tout tourne autour de lui.

Comment Elon Musk est devenu…Elon Musk.

Musk est né en 1971 en Afrique du sud. Son enfance n’a pas été très heureuse, il a eu un contexte familial difficile et ne s’est jamais senti à l’aise à l’école. Mais, comme on le lit souvent dans les bio de personnes extraordinaires, il était autodidacte et avide d’apprendre. Son frère Kimbal dit de lui qu’il pouvait lire 10 heures par jour, beaucoup de science-fiction et éventuellement, un peu d’autre chose. A 10 ans, il était continuellement plongé dans les encyclopédies.

Une chose que vous apprendrez sur Musk en lisant ces articles est qu’il assimile l’homme à un ordinateur -ce qu’il est en son sens le + littéral-. La « machine » humaine, est faite d’un corps et d’un cerveau. Son logiciel est en réalité sa manière de réfléchir, son système de valeur, ses habitudes, sa personnalité. Et le fait d’apprendre, pour Musk, correspond simplement à « télécharger des données et des algorithmes dans votre esprit ». Parmi ses principales frustrations dans l’éducation, on retrouve le fait qu’il faille apprendre « à une vitesse de téléchargement ridiculement basse », en restant assis en classe pendant qu’un enseignant explique quelque chose. En conséquence, la plupart de ce qu’il a appris s’est fait tout seul, par la lecture.

Il eut soudain une 2nde idée fixe à l’âge de 9 ans, quand il a posé ses mains sur son premier ordinateur, un commodore VIC-20. La machine avait 5 kilobits de mémoire, et était livrée avec un guide « comment programmer ? », qui proposait 6 mois d’apprentissage. Le petit Elon, a 9 ans, le termina en 3 jours. A 12 ans, il utilisa ses capacités pour créer un jeu vidéo nommé Blastar, qu’il définit comme « un jeu trivial…mais meilleur que Flappy Bird ». Mais en 1983, ce jeu était assez bon pour être revendu à un magazine informatique pour 500 dollars (ce qui correspondrait à 1200 dollars de nos jours) – pas mal pour un petit de 12 ans.

Musk ne s’est jamais senti lié à l’Afrique du Sud – il ne se sentait pas proche de la culture Afrikaner, et le pays était un cauchemar niveau entrepreneuriat. Il voyait la Silicon Valley comme la terre promise, et à l’âge de 17 ans, il quitta l’Afrique du Sud définitivement. Il commença par aller au Canada, qui était un endroit + facile pour émigrer, du fait de sa mère qui était Canadienne, et quelques années après, il se servi d’un programme d’échange avec l’université de Pennsylvanie pour entrer aux USA.

A l’université, il réfléchit à ce qu’il voulait faire dans la vie, en basant sa réflexion sur la question « qu’est ce qui est le + impactant pour le futur de l’humanité ? ». La réponse fut une liste de 5 points : « internet, les énergies durables, la conquête spatiale, en particulier la possibilité de vivre au-delà de la terre, l’intelligence artificielle, et la reprogrammation du code génétique humain ».

Il hésitait sur le caractère positif des 2 derniers, et malgré son enthousiasme sur les 3 1ers, il n’avait jamais considérer jusque-là jouer un rôle dans la conquête spatiale. Cela lui laissait Internet et les énergies durables comme possibilités.

Il décida de travailler sur les énergies durables. Après avoir terminé l’université, il s’inscrivit à un doctorat à Stanford, pour étudier les condensateurs à haute densité, une technologie censée pouvoir stocker les énergies traditionnelles avec une + grande efficacité. Il savait que cela pouvait être déterminent pour les futures énergies durables, et que cela pouvait accélérer l’avancée des voitures électriques.

Mais après 2 jours dans le cursus, il a eu peur de louper le coche, car c’était 1995, et il ne pouvait « supporter de regarder passivement internet se développer » et il voulait « sauter dedans et l’améliorer ». Alors il quitta le cursus et décida contre toute attente de se lancer sur le net.

Son 1er pas fut de tenter de décrocher un job chez le leader d’internet en 1995 : Netscape. Sa tactique fut d’attendre dans le hall, sans rdv, de se tenir là, trop timide pour parler à n’importe qui, puis finalement de partir.

Musk rebondit en s’alliant avec son frère Kimbal (qui avait rejoint Elon aux USA), pour démarrer leur 1ere entreprise : Zip2. Zip2 était un mélange primitif de Yelp et Google Maps, bien avant que ces services n’existent. Le but était de faire comprendre aux entreprises que les pages jaunes allaient devenir obsolètes à un moment, et qu’apparaitre sur internet était une bonne idée. Les 2 frères n’avaient pas d’argent, dormaient dans leur bureau, se douchaient dans des auberges de jeunesse, et Elon, en tant que développeur, passait son temps devant son ordinateur à travailler. En 1995, convaincre des entreprises d’apparaitre sur le net était difficile, beaucoup leur disait que faire de la pub sur internet était la chose « la plus idiote qu’ils avaient entendu ». Mais progressivement, ils ont commencé à accumuler les clients, et leur entreprise s’est développée. Au milieu du boom internet des années 90, les startups étaient rachetées un peu partout, et en 1999, Compaq rachetait Zip2 pour 307 millions de dollars. Musk, qui avait alors 27 ans, gagna alors 22 millions.

Dans ce qui deviendra un thème récurrent pour Musk, il termina une aventure pour se lancer immédiatement dans une autre, + difficile et complexe encore. S’il avait suivi le guide des millionnaires du net, il aurait su qu’après avoir empoché le pactole, il aurait dû se retirer sous le soleil et devenir business angel, ou s’il avait de l’ambition, débuter une nouvelle compagnie en utilisant l’argent d’un autre. Mais Musk ne suit pas de guide, et il décida d’investir ¾ de ses rentes dans une nouvelle idée, un projet saugrenu de monter une banque en ligne – avec compte épargne, courtage, paiement, nommée X.com.
Cela semble moins incroyable aujourd’hui, mais en 1999, une startup essayant de rivaliser avec les grosses banques était novateur.

Dans le même immeuble que X.com se trouvait une autre startup appelée Confinity, crée par P.Thiel et M.Levchin. Une des fonctionnalités de X.com était de faciliter les transferts d’argent, et plus tard, Confinity développa un service similaire. Les 2 compagnies se rendirent compte qu’il y avait une forte demande pour ce service de transfert d’argent, ce qui les mis en concurrence directement, et finalement elles décidèrent de fusionner pour donner ce que l’on connait aujourd’hui sous le nom de Paypal.

Tout ceci amena pas mal de problèmes d’égos, et de conflits d’opinion – Musk avait alors été rejoint par Peter Thiel et tout un groupe de super-mecs-talentueux-d’internet- et malgré la montée en puissance de l’entreprise, le climat au quotidien devenait invivable. Les conflits continuèrent jusqu’à à la fin 2000, et pendant que Musk était en voyage (à moitié pour lever des fonds, à moitié en voyage de noces avec sa 1ère femme Justine), le noyau anti-Musk en profita pour le destituer et placer Thiel en DG à la place. Musk pris la nouvelle étrangement bien, et même s’il affirma qu’il n’était pas d’accord, il comprenait pourquoi ils avaient fait cela. Il resta dans l’entreprise, dans un poste important, continua d’investir dans la société, et joua un rôle d’intermédiaire lors de la revente à Ebay en 2002, pour 1 .5 milliards de dollars. Musk, qui détenait la plus grande partie de la société, parti avec 180 millions (après impôts).

S’il y avait encore jusque-là un semblant de normalité dans la manière dont Musk prenait ses décisions, c’est à l’aube de ses 31 ans en 2002, qu’il passa à la vitesse supérieure, pour de bon.

 

Ce qu’il entreprit les 13 années suivantes sera le contenu des prochains articles. Mais en résumé :

En 2002, avant même la vente de Paypal, Musk commença furieusement à se documenter sur la technologie spatiale, et plus tard cette année-là, avec 100 millions, il débuta une des entreprises les plus insoupçonnées et démentes de tous les temps : une entreprise de fusées nommée SpaceX, dont l’objectif était de révolutionner le coût des voyages dans l’espace, afin de de permettre à l’humanité d’habiter sur plusieurs planètes, en colonisant Mars avec pas moins de 1 million de personnes habitant là-bas d’ici le siècle prochain.

Mmhh, mmhh.

Puis, en 2004, alors que ce « projet » venait juste d’être lancé, Musk décida de paralléliser ses lancements en débutant la 2nde entreprise la plus insoupçonnée et démente de tous les temps : une entreprise de voitures électriques nommée Tesla, dont l’objectif est de révolutionner l’industrie automobile électrique, en accélérant significativement l’avancée de ces technologies – afin d’amener l’humanité vers un avenir énergétique plus sain.
Musk finança cette entreprise personnellement aussi, à hauteur de 70 millions, malgré le fait que la dernière entreprise US qui avait réussi dans l’automobile était Chrysler en 1925, et que la dernière fois qu’une personne avait réussi sur le marché de la voiture électrique était…jamais.

Et après ce putain de « allons-y ! », quelques années plus tard, en 2006, il balança 10 millions de dollars avec son cousin pour débuter une AUTRE entreprise nommée SolarCity, dont le but était de révolutionner la production d’énergie en créant de large réseaux distribués d’installation de millions de panneaux photovoltaïques sur les toitures des maisons, pour réduire dramatiquement leur consommation d’électricité fossile, et « accélérer l’adoption en masse des énergies renouvelables ».

Si l’on observe juste ces 4 années suivant la vente de Paypal, on peut se dire qu’il s’agit d’une histoire triste. Le millionnaire d’internet déçu, qui dilapide toute sa fortune dans un lot de projets impossibles.

Jusqu’à 2008, c’était ça, à la lettre. SpaceX avait réussi à construire des fusées, mais pas forcément des fusées qui fonctionnaient – les 3 tentatives de lancements s’étaient tous soldés par des échecs, les fusées avaient explosées avant leurs mises sur orbite. Afin de ramener des investisseurs extérieurs, et quelques contrats juteux, SpaceX devait pourtant prouver qu’il était capable de lancer avec succès une fusée. A ce moment, Musk disait qu’il lui restait des fonds pour lancer 1 dernier essai. Si cet essai échouait, alors SpaceX fermerait.

Pendant ce temps, Tesla était également dans la galère. Ils avaient produit leur première voiture – le roadster Tesla-, mais elle ne plaisait pas au monde extérieur. Le blog de la Silicon Valley ValleyMag fit du Roadster Tesla le fail numéro 1 des compagnies hightech en 2007. Tout cela se serait mieux passé si l’économie mondiale n’avait pas sombré soudain en 2007, touchant fortement l’industrie auto, et réduisant au max les investissements dans ce secteur, surtout vers des entreprises nouvelles n’ayant pas fait leur preuves. Tesla allait donc rapidement manquer de cash.

Pendant cette double implosion, la seule chose qui restait stable dans la vie de Musk était son mariage depuis 8 ans…si par stable vous entendez qui se casse violemment la figure et qui finit par un divorce dévastateur.

C’était les ténèbres.

Mais voilà le truc : Musk n’était pas un idiot, et ses entreprises n’étaient pas mauvaises. Il avait construit de bonnes, de très bonnes boites. C’est juste que construire une bonne fusée est incroyablement difficile, tout comme lancer une entreprise novatrice dans l’automobile, et parce que personne ne voulait investir dans ce qui ressemblait pour le monde extérieur à des entreprises trop ambitieuses et vouées à l’échec – en particulier pendant une crise – Musk du y mettre de sa poche. Paypal l’avait rendu riche, mais pas assez pour garder ses entreprises à flot très longtemps. Sans financement extérieur, SpaceX et Tesla étaient au bord du dépôt de bilan. Donc Tesla et SpaceX n’étaient pas de mauvaises boites, mais il leur fallait juste un peu + de temps pour y arriver, et du temps, elles n’en avaient plus.

Et c’est pendant ce moment le plus sombre que les choses ont basculées.

Tout d’abord, en Septembre 2008, SpaceX lança sa 4eme fusée – leur dernière chance – et ce fut un succès. Un grand succès.

C’en fut assez pour que la NASA se dise « merde, donnons une chance à ce mec-là, Musk ». Et ils osèrent le pari de confier à SpaceX un contrat de 1,6 milliards de dollars, pour réaliser 12 lancements pour eux. Banqueroute évitée. SpaceX : sauvée.

L’instant d’après, la veille de Noel 2008, alors que Musk était en train de sortir ses derniers billets pour maintenir Tesla, les investisseurs de Tesla se mirent d’accord – à contre cœur- pour soutenir l’entreprise. Banqueroute évitée. 5 mois plus tard, la courbe se redressait, et un nouvel investissement arriva : 50 millions, de la marque Daimler. Tesla était sauvée.

Alors que 2008 marqua la fin des secousses sur la route de Musk, l’histoire globale des 7 années qui ont suivies allaient être consacrées à l’épanouissement, à la réussite époustouflante de Musk et de ses entreprises.
Après les 3 premiers essais qui furent des échecs, SpaceX entreprit 20 lancements, et ils ont tous été des succès. La NASA est désormais un client régulier, un parmi d’autres, grâce aux innovations de SpaceX qui ont permis de lancer des fusées dans l’espace pour le coût le plus modique qu’a connu l’histoire. Pendant ces 20 lancements, beaucoup de premières fois ont été tentées – et à ce jour, les 4 seules entités ayant réussi à mettre un vaisseau sur orbite et à le ramener sur terre dans toute l’histoire de l’humanité sont les Etats-Unis, la Russie, la Chine, et…SpaceX. SpaceX teste aujourd’hui leur nouveau vaisseau, qui pourra amener des humains dans l’espace, et ils sont en train de travailler sur des vaisseaux beaucoup plus grands capables d’amener 100 personnes sur Mars à la fois. Google et Fidelity ont investi dans Tesla récemment et la boite est aujourd’hui estimée à 12 milliards de dollars.

Le modèle S de Tesla a connu un grand succès, déboulonnant l’industrie automobile grâce à la note la + haute jamais obtenue par une voiture sur le Consumer Report : 99/100, et la note la plus haute également en termes de sécurité donnée par l’administration de sécurité des autoroutes US : 5,4/5. L’entreprise se rapproche aujourd’hui dangereusement de la sortie de leur modèle disruptif – le modèle 3, le plus économique – et la compagnie vaut juste un peu moins de 30 milliards. Ils sont également en passe de devenir l’entreprise la plus performante du monde en terme de batterie, travaillant sur leur « Super Usine » du Nevada, qui doublera la production annuelle totale de batteries au lithium.

SolarCity, qui est arrivée en 2012, est sous la barre des 6 milliards et est devenue le + grand installeur de panneaux solaires des USA. Ils construisent désormais la plus grande usine de panneaux solaires du pays à Buffalo, et ils s’associeront sûrement à Tesla pour produire la nouvelle batterie domestique, le Powerball.

Et comme si cela ne suffisait pas, pendant ses pauses, Musk pousse le développement d’un tout nouveau mode de transport, nommé l’Hyperloop.

Dans quelques années, quand les nouvelles giga-usines seront fonctionnelles, les 3 compagnies de Musk emploieront plus de 30 000 personnes. Après avoir été proche de la faillite en 2008 -jusqu’à dire à un ami que sa femme et lui prévoyaient d’aller vivre chez ses beaux-parents- Musk possède aujourd’hui une fortune de 12,9 milliards de dollars.

Tout cela a transformé Musk en une espèce de légende vivante. En montant cette entreprise automobile incroyable, et de par son travail sur son réseau de panneaux solaires, Musk a été comparé à d’autres visionnaires industriels comme Henry Ford ou John Rockefeller. Le travail de pionnier sur SpaceX l’a fait être comparé à Howard Hugues, et beaucoup ont comparé Musk à Thomas Edison en raison des progrès en ingénierie qu’a réussi à atteindre Musk sur l’ensemble de ses industries.
Et encore plus souvent, il est comparé à Steve Jobs, pour sa formidable habileté à remettre en cause les géants de ces secteurs mous, et vieux, où les consommateurs ne sont pas satisfaits. Enfin, d’autres pensent qu’il est à part, et qu’il a créé un nouveau type de profil à suivre. Ashlee Vance, qui est un spécialiste de la technologie et l’autobiographe de Musk pense que ce que crée Musk « a un potentiel beaucoup plus grand que tout ce que Hugues et Jobs ont faits. Musk a pris des industries comme l’automobile et l’aérospatiale, que l’Amérique semblait avoir oubliées, et les a transformées en quelque chose de nouveau et fabuleux. »

13Chris Anderson, qui dirige les conférences TED, parle de Musk comme de « l’entrepreneur actuel le plus remarquable au monde ». D’autres le connaissent come « le vrai Iron Man », et c’est vrai, Jon Favreau envoya effectivement Robert Downey Jr. passer du temps avec Musk chez SpaceX avant de filmer le premier film Iron Man, afin de modeler le personnage sur Musk. On a même vu Musk dans les Simpsons.
Et c’est avec cet homme-là que j’étais en téléphone, dans mon appartement, en pyjama, à faire les 100 pas.

Au téléphone, il a mis les choses au clair : il ne me demandait pas de faire la publicité de ses compagnies – il voulait simplement que j’explique aux gens ce qu’il se passait aujourd’hui sur ces marchés, au niveau mondial, et pourquoi ces problématiques de voitures électriques, d’énergie renouvelable et d’aérospatiale devenaient si importantes.

Il semble vraiment en avoir assez des gens qui passent leur temps à écrire sur lui, alors qu’il y aurait tant à dire sur les industries dans lesquelles il s’est engagé. Et à chaque fois qu’une personne écrit sur lui, il préfèrerait qu’il écrive sur l’approvisionnement en combustible fossile, ou sur les progrès des batteries, ou sur l’importance de transformer l’humanité en une espace multi-planètes (c’est très clair dans la bio de Musk qui va sortir, l’auteur explique bien à quel point Musk n’était pas intéressé dans le fait de faire une bio).

Alors je suis sûr que ce 1er article, dont le titre est « Elon Musk : le mec le plus top du monde » va l’agacer.
Mais j’ai mes raisons. Dans mes futurs articles, je vais explorer 2 idées différentes :

  1. Comprendre pourquoi Musk réalise ce qu’il est en train de réaliser. Il est vraiment persuadé qu’il prend les sujets les plus difficiles à bras le corps dans le but de donner des chances à l’humanité de vivre de meilleurs jours.
  2. Comprendre pourquoi Musk est capable de réaliser ce qu’il est en train de réaliser. Il y a peu de personnes à chaque génération qui vont réellement changer le monde, et ces gens méritent qu’on les regarde de près. Ils réalisent les choses différemment, et je pense que l’on peut en apprendre beaucoup.

 

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Vous êtes arrivés au bout ? Chapeau 🙂
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Les micro-moments, nouvel indice de référence Google

Pour immortaliser le changement profond et progressif que provoque le téléphone portable dans nos vies, Google est en train de populariser un concept basé sur les « micro-moments ».

Selon eux(1), notre vie ne se découpe plus forcément en années, ni même en jours ou en heures : nous vivons aujourd’hui un nombre quasiment inquantifiable de micro-moments, ces instants où nous ressentons un besoin précis, urgent, et souvent hors sujet par rapport à ce que nous faisions 5mn auparavant.

Notre téléphone portable va nous permettre de satisfaire ce besoin instantané, là où nous nous contentions il y a encore quelques années de le conserver dans un coin de notre tête, pour plus tard.

Exemples de moments instantanés :

  • Je veux aller quelque part, quel trajet ?
  • Je cherche un resto, quelle reco ?
  • Je veux commencer le running, quelle appli ?
  • Il me faut un hôtel, quelle dispo ?
  • J’ai besoin d’organiser une visio de suite
  • Je l’achète ce produit ou pas ? J’ai besoin d’un avis
  • Quel produit acheter ? Quel prix ?
  • Comment réparer cela ?
  • Etc.

 

Ces besoins se multiplient, car ils sont désormais « on the go ». Nous pouvons les ressentir -et les satisfaire- à tout moment de la journée. Que ce soit dans la rue ou dans une salle d’attente. De jour comme de nuit. Où que nous soyons dans le monde.

Rechercher une maison ne commence plus forcément chez soi, sur l’ordinateur de la maison, après une longue conversation de couple. Cela peut débouler dans notre tête, en plein milieu de la journée, ou un matin, dans le métro. De grands projets peuvent débuter, instantanément, sur notre portable. Google montre notamment, chiffres à l’appui, que le téléphone portable est utilisé par la plupart des utilisateurs, pour faire avancer les projets structurants de leurs vies : déménagement, changement de travail, de vie, etc.

 

Quels enjeux pour les marques?

Ces instantanés sont autant de points de contact avec les marques. Charge à nous, marketeurs, de dresser la carte des besoins instantanés de nos prospects et clients, puis de favoriser ces rencontres.

Pour chaque moment identifié, nous devons ensuite vérifier que nous apportons le bon contenu, la bonne réponse au besoin urgent du consommateur (IHM, responsivité, rapidité, clarté du contenu). Et évidemment, que notre marque est bien visible à ce moment là précisément, sur le bon canal : lien sponsorisé, app, cycle de fidélisation, site mobile, portail, etc.

Le téléphone portable n’est plus là pour offrir une version simplifiée de notre offre. Il devient au contraire une pierre angulaire, et une opportunité de répondre présent à de nouveaux challenges, précisément quand le consommateur en a besoin.

 

(1) : Insight développé par le ThinkTank de google : Think with Google.