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Les micro-moments, nouvel indice de référence Google

Pour immortaliser le changement profond et progressif que provoque le téléphone portable dans nos vies, Google est en train de populariser un concept basé sur les « micro-moments ».

Selon eux(1), notre vie ne se découpe plus forcément en années, ni même en jours ou en heures : nous vivons aujourd’hui un nombre quasiment inquantifiable de micro-moments, ces instants où nous ressentons un besoin précis, urgent, et souvent hors sujet par rapport à ce que nous faisions 5mn auparavant.

Notre téléphone portable va nous permettre de satisfaire ce besoin instantané, là où nous nous contentions il y a encore quelques années de le conserver dans un coin de notre tête, pour plus tard.

Exemples de moments instantanés :

  • Je veux aller quelque part, quel trajet ?
  • Je cherche un resto, quelle reco ?
  • Je veux commencer le running, quelle appli ?
  • Il me faut un hôtel, quelle dispo ?
  • J’ai besoin d’organiser une visio de suite
  • Je l’achète ce produit ou pas ? J’ai besoin d’un avis
  • Quel produit acheter ? Quel prix ?
  • Comment réparer cela ?
  • Etc.

 

Ces besoins se multiplient, car ils sont désormais « on the go ». Nous pouvons les ressentir -et les satisfaire- à tout moment de la journée. Que ce soit dans la rue ou dans une salle d’attente. De jour comme de nuit. Où que nous soyons dans le monde.

Rechercher une maison ne commence plus forcément chez soi, sur l’ordinateur de la maison, après une longue conversation de couple. Cela peut débouler dans notre tête, en plein milieu de la journée, ou un matin, dans le métro. De grands projets peuvent débuter, instantanément, sur notre portable. Google montre notamment, chiffres à l’appui, que le téléphone portable est utilisé par la plupart des utilisateurs, pour faire avancer les projets structurants de leurs vies : déménagement, changement de travail, de vie, etc.

 

Quels enjeux pour les marques?

Ces instantanés sont autant de points de contact avec les marques. Charge à nous, marketeurs, de dresser la carte des besoins instantanés de nos prospects et clients, puis de favoriser ces rencontres.

Pour chaque moment identifié, nous devons ensuite vérifier que nous apportons le bon contenu, la bonne réponse au besoin urgent du consommateur (IHM, responsivité, rapidité, clarté du contenu). Et évidemment, que notre marque est bien visible à ce moment là précisément, sur le bon canal : lien sponsorisé, app, cycle de fidélisation, site mobile, portail, etc.

Le téléphone portable n’est plus là pour offrir une version simplifiée de notre offre. Il devient au contraire une pierre angulaire, et une opportunité de répondre présent à de nouveaux challenges, précisément quand le consommateur en a besoin.

 

(1) : Insight développé par le ThinkTank de google : Think with Google.

Les projets fous (et réels) de Google

La presse relaye régulièrement les grands projets de la maison Google. En surface. En les étudiant d’un peu + près, et surtout en imaginant leurs ramifications les uns avec les autres, il est possible de dessiner leurs futures places dans la société. Ou notre place dans la leur.

J’ai sélectionné 5 projets qui me semblent majeurs chez Big G.
Fichtrement « game-changing« , comme disent nos voisins américains.

 

1. Projet « Titan » / Titan Aerospace

Le projet : Faire voler des drones autour de la terre, en continu (ils sont autonomes en énergie grâce à leurs panneaux photovoltaïques intégrés), afin d’amener le réseau wifi dans chaque coin du globe.

google titan
Ce qui peut faire flipper : Cette idée est présente dans le film « Interstellar ». Sauf que ce sont des drones de l’armée.

Là où ils souhaitent aller : + il y aura de gens connectés, + les services google seront profitables. A moyen terme, c’est également une manière de positionner et développer tous les services google (dont le point commun est l’accès à internet), sans limite géographique.

 

2. Google car

Le projet : Au delà de créer des voitures sans conducteur, Google a pour vocation d’éradiquer les bouchons, au niveau mondial.
Les avantages sont multiples : moins de pollution, moins de temps perdu, baisse des morts sur la route
Les moyens sont bons : Les Google car sont autorisées à circuler en Californie et dans le Michigan, grâce à leur 75 ans d’expérience de la route acquise en 1 an.

google car

Ce qui peut faire flipper : Sur les 1600000 km parcourus par les Google car, 100% des accidents (11 cas…) sont dus…à l’homme. Qui est rentré en voiture dans la google car.
Humanoïde : 1. Homme : 0.

Là où ils souhaitent aller : Quand on sait que Google a massivement investi dans Uber (via sa filiale Google Venture), on se doute que google ne vise pas le marché des voitures particulières.
Comment éradiquer les bouchons au niveau mondial? En organisant -au niveau mondial également – le transport des personnes. Collectivement (Google bus?), mais surtout unitairement (« google uber car »). Si vous pouviez disposer d’un taxi permanent, qui sait toujours anticiper vos demandes (« google now »), qui est poli (joke), pour un prix modique…auriez vous toujours une voiture à vous?

 

3. Google Glass

Le projet : Les fameuses lunettes connectées de Google.  Non, le projet n’est pas mort, loin de là. Notre société n’était juste pas encore prête, et le projet est trop important pour avoir une chance de capoter, alors Google gagne du temps…et peaufine le sujet de son coté. Le projet est passé de Google X lab (la filiale « innovation disruptive » de google) à un service dédié, drivé par Tony Fadell (alias Monsieur pas n’importe qui). Il va revenir ce projet, et changer la donne.

google glass

Ce qui peut faire flipper : Avant même leurs sorties officielles, les Google Glass ont été interdites dans différents lieux du monde, dont des états américains. Cela prouve à quel point ce device amène des questions inédites, notamment sur la protection de la vie privée et la propriété intellectuelle.

Là où ils souhaitent aller : Nous utilisons continuellement nos smartphones, mais il s’agit finalement d’un appendice au creux de notre main. Si nous pouvions nous passer de cet objet « tenu », au profit d’un device toujours à portée, que nous pourrions utiliser toute la journée, cela n’en serait que + profitable. Apple teste la montre, Google mise sur les lunettes.
A moyen terme, cela peut encore évoluer. Sans aller jusqu’à la fameuse puce implantée dans le cerveau, juste une petite oreillette dans l’oreille…pourquoi pas.
Plus nous avons de micro-moments, plus le device se doit d’être proche de nous et continuellement  opérationnel.

 

4. Boston Dynamics

Le projet : Boston Dynamics, entreprise rachetée par Google en 2013, est spécialisée dans la robotique. Ses animaux robots sont construits pour aider les militaires dans leur quotidien (transporter les vivres, les guider, etc), avec un naturel saisissant (Il faut le voir pour le croire).

bostondynamics

Ce qui peut faire flipper : Hormis le fait que ces chiens ressemblent à ceux -zombies- de Resident Evil, il s’agit de Robotique militaire. Quelqu’un aura surement l’idée d’ajouter une mitraillette à ces toutous.

Là où ils souhaitent aller : Hormis le lucratif marché militaire, le secteur des « animaux robots – aide à l’humain » semblent porteur. On peut imaginer avoir un « chien robot » pour nous guider, faire nos courses, nous défendre (avec mitraillette?), etc.

 

5. Google translate live

Le projet : Google translate, le service de traduction de Google s’améliore de mois en mois. Après la trad’ « reverso » classique, l’appli a été plus loin en proposant des dialogues interactifs (en baissant, puis remontant son téléphone, Google suit la conversation et traduit dans un sens puis dans l’autre). Depuis quelques mois, Google va jusqu’à traduire instantanément ce que l’appareil photo voit.

translate

Ce qui peut faire flipper : En ajoutant cette fonctionnalité de traduction à l’appareil photo, au final, cela modifie en live la réalité. Donc notre perception du monde.

Là où ils veulent aller : Imaginez google translate sur vos google glass : vous voyagez au Japon mais comprenez chaque mot autour de vous. Vous parlez à des gens et dialoguez comme si vous étiez du même pays. Avec ce service, sous réserve d’une efficacité qui s’améliore continuellement, Google peut abolir cette spécificité humaine que sont les langues.

 

On pourrait aussi parler de projets de nanoparticules avalées, de réseaux de neurones artificiels ou d’ascenseur spatial. Mais déjà, avec ces 5 projets « du quotidien », Google nous montre qu’il est en train de créer un réseau tentaculaire de services, avec un objectif commun. Lui.

« don’t be evil ».

 

+ d’infos sur les projets :
https://en.wikipedia.org/wiki/Titan_Aerospace
https://fr.wikipedia.org/wiki/Voiture_sans_conducteur_de_Google
https://fr.wikipedia.org/wiki/Google_Glass
https://fr.wikipedia.org/wiki/Boston_Dynamics
https://fr.wikipedia.org/wiki/Google_Traduction

‘Her’, ou l’émotion suscitée par la technologie

J’ai vu le film Her, de Spike Jonze il y a quelques mois, et depuis Bjork et son monde de robots, jamais les technologies ne m’avaient parues aussi justes à l’écran.

Au delà de l’histoire de romance (un homme tombe amoureux d’un être virtuel), au delà d’avoir eu l’audace de recruter Scarlett Johanson pour n’en utiliser que la voix, la vision que porte S.Jonze sur la technologie à venir est juste, et crédible.
Il se base sur les technologiques actuelles (portables, contrôles des machines par la voix, wii, etc), et leur prédit un prolongement logique, base de son histoire.

Quelques faits qui m’ont marqué, dans ce futur technologiquement réaliste :

  • Si un homme tombe amoureux d’une machine dans un futur proche, ce n’est pas d’un robot « simili humain », ni d’un soft, mais bien d’un OS. Le système d’exploitation est naturellement la couche la + évolutive, qui « vit » et régit le hardware.

her-IOS1

  • Toutes les interactions digitales se font à la voix. Qu’il s’agisse de traitement de texte, d’envoyer des emails, de converser. Le clavier n’est plus.
  • En histoire secondaire, le héros se retrouve à jouer à un jeu vidéo. Là aussi, la forme est pertinente : l’écran à jouer ressemble à une projection de vidéo-projecteur, avec beaucoup de profondeur. De la 3D ‘réelle’. Et l’interaction se fait uniquement à la main (agiter les mains pour courir, etc), et à la voix (discuter avec les personnages du jeu). Aucune manette.

jeuvideo-her

  • Si le personnage principal tombe amoureux de son OS, il tombe avant tout amoureux d’un système configuré pour lui plaire (centres d’intérêts, niveau d’intimité, types de paroles, etc). Une logique de personnalisation très informatique.
  • Un vrai travail de recherche ergonomique à été fait pour designer ce à quoi devait ressembler visuellement « l’OS ». Évidemment, il est sobre et plutôt flat design. C’est l’air du temps qui veut ça.

her-rehercheergonomique

  • Au démarrage de l’OS, l’assistante virtuelle (futur coup de coeur) propose de prendre en main l’ordinateur comme chacun de nous le souhaiterait : suppression de tous les emails inutiles. Filtre et réponses automatisées de tous les emails de 2nde zone. Lecture des emails importants uniquement.
    + gestion automatique des photos, index, archivage, etc. Un exemple très « Gmail-ien » : l’assistante virtuelle propose de jeter automatiquement un type de newsletter. Le héros proteste. L’assistant lui indique qu’il ne la lit jamais. Soit.
  • Le device qui personnifie l’amoureuse virtuelle au quotidien est majoritairement le téléphone portable, que ce soit chez le héros (on aurait pu penser à une tablette, ou des lunettes), comme en extérieur, le héros l’amène partout. Même si on comprend que le device principal « d’installation » reste le desktop.
  • Niveau sociabilisation, la technologie semble dans ce film + isoler les gens, que réellement les rassembler. En proposant tout un monde -qui semble très humain- à portée de main, la technologie rend inutile la plupart des contacts. Les contacts physiques notamment.
  • Enfin, la relation qu’entretient le héros avec son OS devient vite officielle et publique. Comme si la société avait intégrée cette possibilité. Tout le monde ne l’accepte pas, mais comme toute relation hors norme aujourd’hui, pas au delà. Qu’il s’agisse de sorties à 2 (le héros amène le portable dans sa poche, caméra devant), ou à 4 avec des amis, la relation virtuelle fait réellement son entrée dans la société quotidienne.

her-sortiea2

Tout cela me semble juste. Technologiquement crédible. Au-delà de conjuguer émotion et technologie, « Her » nous questionne. Autant du coté #geek que du coté #humain.